Jura : Affronter le “vrai” froid.

Je tourne les pages de mes livres d’aventures préférés en découvrant l’audace de ces explorateurs, héros, grands fous qui parcourent le monde à la recherche de l’inconnu, de sensations et émotions qu’ils pensent ne pas pouvoir trouver ailleurs.
William Wyeth se lançant fougueusement dans l’aventure du commerce de fourrures dans “Dernière saison dans les Rocheuses” (Shannon Burke) ou bien encore le courage de Buck de retourner à la vie sauvage dans “L’appel de la forêt” (Jack London)…
Entre challenge et inconfort, je pense qu’il y a plus que du bon dans cette manière d’appréhender ses aventures et c’est exactement ce que nous avons voulu faire en préparant notre micro-aventure en février 2018. Je me suis tout de suite dis qu’il serait vraiment intéressant de repousser mes limites, de me surpasser ou plus simplement de me découvrir (ou me tester si on préfère).

Brosse à dent dans la bouche, serviette autour de la taille, je suis tranquillement en train de me réveiller dans mon appartement parisien quand FranceInter me donne les clés de ma prochaine aventure : “Connaissez-vous le Moscou-Paris ?”
Le genre de nom que tu pourrais donner à une course de vélo, un gâteau, un nouveau train incroyable, un cocktail… Non, il s’agit d’un phénomène météo qui arrive chaque année, une vague de froid venue de Russie et qui passe au dessus de notre pays. Les thermomètres s’affolent, et tout le monde ressent le froid durant plusieurs jours…. La voilà mon occasion, mon aventure et pour accentuer encore plus l’histoire, nous avons décidé d’aller affronter ce froid dans une ville de France que l’on surnomme “La Petite Sibérie” : Mouthe.

4-5 jours de marche en raquette le long de la frontière franco-suisse avec mon ami Yann Gobert ( oui, toujours lui… ) et son pote Ronan Mérot. Ces deux-là sont des habitués, des vrais tandis que moi je découvre, j’apprends et je fais office de “Junior”. Pour ce qui est des notre balade, je ne rentrerai pas dans les détails car il s’agit d’un récit que j’ai déjà pu livrer sur le site de Les Others auparavant : Lire ici.

Non, ici je veux vous parler de cette expérience du froid, de cette volonté à se dépasser et surtout pour ma part à me mettre dans une situation inhabituelle. Je démarre cette aventure à fond, ne cachant pas mon excitation. Les équipements que nous ont fourni Eider sont fabuleux puisque je ne sens pas du tout le froid. On s’habitue aux différentes couches, on trouve sa respiration et on se souvient de la température extérieure que lorsqu’on consulte son application météo ou que l’on s’arrête pour une pause pipi ( retirer ses gants pour uriner n’a jamais autant été un supplice ). -5°C la journée, -25 la nuit… On termine les journées complètement épuisés mais aussi vivifiés. Le vent glacial vous rappel que vous êtes bien vivant et je suis tellement heureux de le ressentir. Je sais que chaque bouffée d’air à son importance et que des mois après je serais encore en train de m’en rappeler. Alors je prends le temps. Affronter le froid n’aura pas été si compliqué pour moi, il me fallait simplement prendre mon courage à deux mains et savoir m’équiper pour au final vivre un des meilleurs moments de mon année 2018.

Matthieu Tober

📷 @lesothers • #Freshairclub ⛰ Adventure Photographer & Illustrator.

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